Les Tibétains font leurs jeux olympiques
Siège du gouvernement du dalaï-lama en exil, la petite ville de Dharamsala, dans le nord de l'Inde, accueille depuis hier les premières olympiades cent pour cent tibétaines dans une atmosphère bon enfant.
Une heure de yoga pour s'échauffer, avant le petit-déjeuner. Les athlètes de Bouddha font d'abord transpirer leur esprit, avant (éventuellement) de faire travailler leurs muscles. Chacun a ses psychologues et son entraînement de l'âme. Ce sont les jeux de ceux qui ne peuvent jouer. Les jeux des exilés, expulsés de chez eux, sans nationalité ni passeport, de ceux qui ne peuvent se rendre à Pékin car leur drapeau n'y est pas admis. Ici, nul besoin de gymnase : c'est dans le temple que l'on médite et que l'on prie. C'est ici, à Dharamsala, petite ville de l'Inde du nord, où le dalaï-lama s'est exilé en 1959 et où vivent 80 000 réfugiés du Tibet, qu'ont commencé hier les premiers – et peut-être derniers – jeux olympiques tibétains.
On attendait 29 concurrents ; pour l'instant, on ne compte que 13 hommes et 7 femmes. Yangchen Palno Artsa, femme mariée de 27 ans, vient de Delhi, où elle tient une boutique d'art tibétain. Elle dit qu'elle a fait du sport à l'école, puis qu'elle a arrêté, parce qu'elle devait gagner sa vie. Elle espère obtenir un bon score dans la course à obstacles. Tashi Yengzom, 24 ans, est née à Tingree, en Inde ; elle vient juste participer, elle ne pense pas être performante. Dolkar Tso, vingt ans, vient d'Amdo Golog ; elle porte autour du cou un rang de perles avec l'image du dalaï-Lama. Les jeunes femmes portent des bagues, des boucles d'oreilles, du vernis à ongles,mais elles restent timides. Les hommes ont du gel dans les cheveux et portent des tee-shirts (de contrefaçon) à la mode. Ten Chanpel, 26 ans, vit à Delhi. Il se vante de pouvoir courir le 100 mètres en 11 secondes : qu'importe si c'est un mensonge. Dawa Tashi, 24 ans, est le plus athlétique, peut-être parce qu'il est guide de montagne : il fait du trekking dans le Ladakh [région du Cachemire] et grimpe jusqu'à 6 000 mètres. Il dit qu'il peut marcher 50 km par jour et qu'il est habitué à nager dans les fleuves. Il y a également un moine, le seul de l'équipe : Tenzin Leksmey, 25 ans, peu coutumier du survêtement. Il vient du monastère de Sera, dans le nord de l'Inde, il aime courir, sauter et jouer au foot. Enfin, il y a Gyatso, 28 ans, fils de bergers nomades, né dans le Kham [dans l'est du Tibet] ; il vit de petits commerces à Delhi, et il est passionné de foot, lui aussi rêve de David Beckham. Son seul record à l'heure actuelle est d'avoir fui le Tibet (en passant par le Népal), en marchant, de nuit, pendant vingt-quatre jours.
Siège du gouvernement du dalaï-lama en exil, la petite ville de Dharamsala, dans le nord de l'Inde, accueille depuis hier les premières olympiades cent pour cent tibétaines dans une atmosphère bon enfant.
Une heure de yoga pour s'échauffer, avant le petit-déjeuner. Les athlètes de Bouddha font d'abord transpirer leur esprit, avant (éventuellement) de faire travailler leurs muscles. Chacun a ses psychologues et son entraînement de l'âme. Ce sont les jeux de ceux qui ne peuvent jouer. Les jeux des exilés, expulsés de chez eux, sans nationalité ni passeport, de ceux qui ne peuvent se rendre à Pékin car leur drapeau n'y est pas admis. Ici, nul besoin de gymnase : c'est dans le temple que l'on médite et que l'on prie. C'est ici, à Dharamsala, petite ville de l'Inde du nord, où le dalaï-lama s'est exilé en 1959 et où vivent 80 000 réfugiés du Tibet, qu'ont commencé hier les premiers – et peut-être derniers – jeux olympiques tibétains.
On attendait 29 concurrents ; pour l'instant, on ne compte que 13 hommes et 7 femmes. Yangchen Palno Artsa, femme mariée de 27 ans, vient de Delhi, où elle tient une boutique d'art tibétain. Elle dit qu'elle a fait du sport à l'école, puis qu'elle a arrêté, parce qu'elle devait gagner sa vie. Elle espère obtenir un bon score dans la course à obstacles. Tashi Yengzom, 24 ans, est née à Tingree, en Inde ; elle vient juste participer, elle ne pense pas être performante. Dolkar Tso, vingt ans, vient d'Amdo Golog ; elle porte autour du cou un rang de perles avec l'image du dalaï-Lama. Les jeunes femmes portent des bagues, des boucles d'oreilles, du vernis à ongles,mais elles restent timides. Les hommes ont du gel dans les cheveux et portent des tee-shirts (de contrefaçon) à la mode. Ten Chanpel, 26 ans, vit à Delhi. Il se vante de pouvoir courir le 100 mètres en 11 secondes : qu'importe si c'est un mensonge. Dawa Tashi, 24 ans, est le plus athlétique, peut-être parce qu'il est guide de montagne : il fait du trekking dans le Ladakh [région du Cachemire] et grimpe jusqu'à 6 000 mètres. Il dit qu'il peut marcher 50 km par jour et qu'il est habitué à nager dans les fleuves. Il y a également un moine, le seul de l'équipe : Tenzin Leksmey, 25 ans, peu coutumier du survêtement. Il vient du monastère de Sera, dans le nord de l'Inde, il aime courir, sauter et jouer au foot. Enfin, il y a Gyatso, 28 ans, fils de bergers nomades, né dans le Kham [dans l'est du Tibet] ; il vit de petits commerces à Delhi, et il est passionné de foot, lui aussi rêve de David Beckham. Son seul record à l'heure actuelle est d'avoir fui le Tibet (en passant par le Népal), en marchant, de nuit, pendant vingt-quatre jours.
Source: Courrier International
Sarah.
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